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lundi 23 avril 2007, 14h32
ABUJA (AFP) - Les résultats de l'élection présidentielle et des législatives au Nigeria devaient être annoncés lundi, alors qu'au moins "200 personnes, dont des policiers et des candidats, ont été tuées dans des violences électorales" entre les 14 et 21 avril, a annoncé l'Union européenne (UE) à Abuja. Ce bilan est "inacceptable au regard du respect du droit à la vie et du processus démocratique", a déclaré l'UE dans un document contenant les conclusions provisoires de sa mission d'observation des scrutins des 14 et 21 avril (régionales, législatives et présidentielle).
La commission nationale électorale a prévu de donner lundi le nom du vainqueur de la présidentielle mais, alors que la victoire annoncée du candidat du pouvoir Umaru Yar'adua semblait se dessiner au fil des résultats officieux qui tombent Etat par Etat, les critiques et condamnations se faisaient de plus en plus vives. Pour la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la présidentielle n'a été "ni libre ni équitable". Le chef de la mission d'observateurs, Abdel Fatau Musa, estime toutefois qu'"en terme de consolidation du processus démocratique, ce scrutin a été "relativement acceptable".
Les observateurs du Commonwealth ont pour leur part fait état d'"imperfections significatives", soulignant notamment l'heure tardive d'ouverture de nombreux bureaux et le manque de confidentialité du vote. L'équipe du Commonwealth (17 observateurs déployés dans 10 des 36 Etats de la Fédération) a précisé qu'elle avait été témoin d'un cas de bourrage d'urne et d'un cas de bulletins prémarqués. Le responsable de cette équipe, Joseph Warioba, a toutefois refusé dimanche de dire s'il déclarerait ces élections libres et justes. Des observateurs privés américains de l'Institut international républicain (International Republican Institute - IRI), ont quant à eux jugé que, en terme de logistique, le scrutin avait été moins correct que les présidentielles de 1999 et 2003. L'Union européenne (UE), qui avait envoyé une forte délégation de 150 observateurs dans 33 des 36 Etats du pays, devait faire connaître dans la journée son évaluation finale. Au lendemain des élections régionales du 14 avril (gouverneurs et Parlements des Etats), l'UE et Human Rights Watch (HRW) avaient déjà été très sévères. Dans son rapport l'UE avait fait part de sa "grave préoccupation" et réclamé "de substantielles améliorations" pour avoir des élections présidentielle et législatives "crédibles". La Maison Blanche elle-même avait déclaré "prendre au sérieux" les informations sur des irrégularités et violences et pressé les autorités nigérianes d'y remédier. Sans même attendre les résultats, l'un des principaux candidats d'opposition à la présidentielle, le vice-président Atiku Abubakar, avait demandé dès dimanche l'annulation du scrutin présidentiel et législatif. Pour M. Abubakar, qui se présentait pour le parti d'opposition Action Congress (AC) après sa rupture consommée avec Obasanjo, il y a deux coupables à cette "tragédie nationale": la Commission électorale nationale (INEC) et le président", a-t-il dit à des journalistes. L'autre grand rival du gouverneur Yar'adua, le général Muhammadu Buhari, avait jugé dimanche ces élections "très décevante et très inacceptables". Quant au plus grand groupe d'observateurs nigérian, le Transition Monitoring Group (TMG), il a demandé lundi la reprise des élections, estimant que le scrutin de samedi n'avait pas été crédible. Face à l'ampleur des irrégularités, certains observateurs s'interrogent désormais sur la légitimité du futur pouvoir, avec un probable président souvent qualifié par l'opposition de "marionnette d'Obasanjo". Olusegun Obasanjo devrait quitter officiellement le pouvoir le 29 mai.
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